samedi 7 juin 2025

Chantons des cantiques sous la neige

Le théâtre adoucit les moeurs. Et c’est vrai aussi dans les Églises. En effet, pour apaiser les tensions latentes au sein du corps pastoral de l’Union des Églises évangéliques libres, la commission des ministères a eu l’excellente idée de monter une comédie musicale inspirée d’un des plus grands succès outre-Atlantique. 

Chantons des cantiques sous la neige transpose, avec certes quelques libertés, l’action de la comédie musicale dans la petite bourgade de La Costette-sur-Leplateau, au mois de juin. Une tempête de neige, habituelle à cette époque de l’année dans la région, éclate au beau milieu d'une pastorale nationale, obligeant les pasteurs à prolonger leur séjour… Pour occuper le temps, ils se mettent à chanter des cantiques, accompagnés par JP à l’harmonium et Benji aux maracas. 

Devant un tel spectacle, les chants joyeux et les chorégraphies virevoltantes, tous les pasteurs, des stagiaires aux pasteurs retraités, accompagnés des épouses de pasteurs présentes, se sont mis à chanter et danser en même temps que les acteurs sur scène... et bien après le baisser de rideau. 

L'avenir nous dira quel impact cette expérience de communion pastorale et musicale aura sur les Eglises, les commissions et le Règlement Intérieur de l'UEEL... En tout cas, quelle soirée !


(Critique publiée le 14 juin 1866, à 3h30 du matin, après une dernière chenille avec les pasteurs)

U.M., l’ultra-marin

Hier au soir, le petit théâtre de Bouffémont-sur-Mer a ravi les amoureux d’art dramatique et de pantomime grâce à sa nouvelle production originale. Elle raconte l’histoire d’un mystérieux lutin, oublié par sa famille alors que celle-ci retourne en montgolfière dans son pays lointain, au-delà des mers. Aidé par le jeune Elie Hotte, le lutin va tenter de joindre sa famille, pour qu’elle revienne le chercher, en construisant un télégraphe de fortune.

Mis en en scène par le dramaturge lui-même, le jeune Stéphane Delamontagne-Joyeuse, ce récit fantasque a réjoui l'esprit et ému le coeur des spectateurs, petits et grands, pour peu qu’ils aient gardé leur âme d’enfant ! Les péripéties trépidantes des héros sont fort bien rendues grâce à d’astucieuses machineries activées depuis les coulisses. L’illusion est époustouflante de réalisme. 

Qui plus est, pour les férus de culture biblique, l’espiègle lutin de l’histoire se révèle être une véritable figure christique. En effet, descendu du ciel (dans une montgolfière), il est recueilli par une famille modeste, se voit entouré de jeunes disciples, accomplit des prodiges (il parvient, par exemple, à faire voler un vélocipède !), puis il meurt et revient à la vie, et enfin retourne dans le ciel (en montgolfière évidemment). 

Voilà un spectacle qui réchauffe le coeur et stimule l'esprit, même s'il ne peut pas réchauffer les pieds gelés en plein hiver... 


(Cette critique a été publiée le 18 mai 1873, vers midi moins le quart, au lendemain d'un synode paisible)


Chantons des cantiques sous la neige

Le théâtre adoucit les moeurs. Et c’est vrai aussi dans les Églises. En effet, pour apaiser les tensions latentes au sein du corps pastoral ...